Bazinga!

État des lieux de la formation continue des professionnels de santé

Dr Christian Jeambrun

Directeur du GEMA - Biarritz

La formation continue des professionnels de santé s’est transformée ces dernières années. Elle a fait place au développement professionnel continu (DPC).

La formation médicale continue a subi un train de réformes important qui a permis son émancipation de l’industrie pharmaceutique, son ouverture aux professionnels de santé autres que les médecins, le renforcement de son caractère obligatoire, et surtout sa transformation en une évaluation des pratiques.

Le caractère règlementaire conduit inévitablement vers une tutellisation institutionnelle, le Ministère de la Santé ayant aujourd’hui de facto toute autorité sur le DPC des professionnels de santé salariés ou libéraux via l’Agence Nationale du DPC. 

Pour éviter un choix trop restrictif des orientations thématiques dites « prioritaires » qui pousserait les professionnels de santé à réaliser leur DPC dans un cadre évidemment exclusivement politique et économie de santé, ces derniers ont le devoir de s’organiser, s’unir et s’investir très fortement dans sa conduite.

Les pratiques médicales dites « complémentaires » et dont cet adjectif signifie trop souvent pour nos institutionnels « secondaires » sont menacées d’exclusion de ce système.

Notre devoir, à tous, est donc de défendre leur place dans ce DPC, en renforçant le caractère rigoureux de nos enseignements, et la multiplication des études scientifiques s’y rapportant.

Restons tous très vigilants en ce domaine.

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En droit de réponse à l'article paru sur le Figaro le 18/03/2018 demandant la suppression des médecines, soit disant, alternatives.

Charlatan, moi, médecin ostéopathe?

La semaine dernière, j'ai reçu une secrétaire du centre hospitalier d'Avallon, adressée par le cardiologue, pour une douleur thoracique gauche. Un cardiologue qui est convaincu de l'utilité de l'ostéopathie. Les examens qu'il lui a pratiqués n'ont pas montré d'anomalie. Il lui a pincé la peau qui s'est révélée plus douloureuse que le côté droit. Il me l'a adressée le jour même. Il s'agissait d'une névralgie concernant la deuxième, troisième et quatrième racine dorsales gauches. Le traitement médical ostéopathique l'a soulagée immédiatement et l'a rassurée. Des cas semblables sont soulagés par dizaine, tous les jours, dans les cabinets d'ostéopathie. Je demande à ces médecins détracteurs de tout ce qui n'est pas allopathique : que font-ils quand leurs examens ne donnent pas d'explication à la plainte du patient ?  "Vous n'avez rien, les examens sont normaux !". Combien de fois  ont-ils insinué à leurs patients que c'est, peut-être, dans la tête après qu'ils les ont "baladés" du kiné au rhumatologue et parfois... le psychologue. Vous imaginez l'angoisse d'une femme qui traîne avec la douleur d'un sein sans aucune explication ou cette tension thoracique gauche chez un homme, déjà stressé,  à qui on n'arrête pas de  répéter  que tous les examens sont strictement normaux ?

 Alors qu'un simple examen manuel, d'une simplicité déconcertante, peut révéler l'origine de la douleur de cette épaule, de ce sein, de cette joue, de ce ventre ou de ce mal de tête qu'aucun examen, même le plus sophistiqué, n'a pu expliqué. Autant les maladies ont des preuves clinique, biologique, et d'imagerie objectives qui en posent le diagnostic et dictent le traitement allopathique adéquat, autant la plainte fonctionnelle reste muette sur tous les examens. Seul l'examen ostéopathique, manuel, peut l'expliquer et la soulager. Ces médecins qui ne jurent que par "evidence based medicine", la médecine par la preuve, les statistiques et les pourcentages, ignorent qu'une névralgie (douleur sur le trajet d'un nerf) peut se diagnostiquer par un simple palper-rouler, qu'une douleur abdominale sans aucune explication peut être tout simplement l'expression d'un psoas contracturé ou une névralgie de la paroi abdominale. J'ai évité plusieurs interventions chirurgicales grâce au diagnostic ostéopathique.  Bien sûr, c'est empirique, mais parfois vous confondez empirique avec ésotérique. Voici l'explication d'empirique selon le Larousse: " Qui ne s'appuie que sur l'expérience, qui repose sur l'expérience commune" et selon le Robert : "Théorie d’après laquelle toutes nos connaissances viennent de l’expérience"

C'est empirique, pour la simple raison que les critères pris en compte n'ont pas d'unité de mesure. Autant la température, le glucose, le  sodium ou le calcium dans le sang, le rythme cardiaque sont mesurables avec des unités dans la norme et, donc, comparables, autant une douleur de l'épaule sans lésion apparente ne peut être quantifiée. Elle varie d'un individu à l'autre et souvent chez le même individu en fonction des horaires et des efforts. Mais, ces confrères se trouvent démunis sans document opposables et continuent à prescrire encore et encore...M. Peillon a écrit " A quoi servent ces mains qui ne savent que prescrire ?"

Malheureusement, ces médecins n'ont rien appris d'autre que cela à la faculté de médecine, c'est-à-dire à  traiter les maladies et les traumatismes. Leur tort demeure le dénigrement et le mépris à l'égard des autres alternatives de soins. Des milliers d'autres médecins sont devenus, à leurs yeux, des charlatans. Des médecins qui pratiquent des disciplines sans fondements scientifiques. Le grand délit ! Délit soutenu, en plus, par l'Ordre des Médecins, par le Ministère des études supérieures et par les facultés de médecine. Ces facultés qui vont jusqu'à délivrer des diplômes universitaires. Des charlatans diplômés, vous vous en rendez compte? En plus d'avoir une attitude allant à l'encontre du serment d'Hippocrate envers leurs confrères, ils considèrent les patients sollicitant ces disciplines, comme des gens inconscients exposant leur santé au danger. Si ces personnes se tournent vers les autres alternatives de soins, c'est tout simplement, par manque de réponse à une plainte qui dure et qui, ne trouve pas de soulagement auprès du médecin généraliste ou spécialiste. Je rappelle à ces docteurs, qui veulent sauver les patients des griffes des charlatans, comme moi, qu'en premier lieu, le patient se plaint déjà à son médecin traitant et souvent, pas qu'une seule fois. La majorité des médecins dans ma ville, a saisi l'intérêt de la médecine manuelle ostéopathie. La médecine classique permet à l'individu de vivre de plus en plus longtemps et de mieux en mieux, grâce aux traitements médicamenteux, aux interventions chirurgicales, à la génétique, à la prévention. Vous avancez que ces alternatives sont dangereuses et coûteuses. Vous croyez que c'est ce que coûte les  tubes d'homéopathie ou une séance de mésothérapie qui crèvent le budget de la sécurité sociale.   Avez-vous déjà oublié que les médicaments sont à l'origine de 140 000 hospitalisations et 13 000 décès par an selon l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Sans évoquer les différents scandales sanitaires...

Dans son rapport de 2014, l'Académie de Médecine encourage le recours à l'examen clinique : "L'acte médical pertinent est celui qui convient au malade à un moment donné, c'est le plus adapté et le plus efficace [en gras dans le texte]. L'objectif final est d'améliorer l'état de santé du malade et de limiter les risques et les contraintes.(...). Elle [la pertinence] est la base de la médecine sobre qui dans une approche humaniste soigne mieux au moindre coût [en gras dans le texte]. "

Le gens sollicitent l'homéopathie, l'acupuncture, l'ostéopathie, l'hypnose pour ne citer qu'elles, car ils y trouvent leur compte. Ils veulent être soulagés de leurs maux mais également de leurs causes. Ils cherchent à faire en sorte  que leurs douleurs, qui traînent sans explications, se transforment à la longue en souffrances. La personne humaine est d'une complexité extraordinaire et bien prétentieux celui qui prétend guérir quelqu'un. Au mieux on l'aide à  débarrasser son corps ou son esprit de ce qui l'empêche de  bien vivre. La médecine traditionnelle s'attache à traiter l'organe et, elle le fait bien. Les autres méthodes essaient de traiter la globalité et redonner la sensation de bien être. Elles sont complémentaires, nécessairement , obligatoirement!

J'oppose à "evidence based medicine" cette citation d'Albert Einstein:

"Ce qui compte ne peut pas toujours être compté, et ce qui peut être compté ne compte pas forcément."!  

Il a dit aussi "Il est plus difficile de désagréger un préjugé qu'un atome"

                                                                       Abdelaziz MACH-HOUTY  Avallon 89200

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