Création d’un Groupe de travail sur l’élaboration du « Référentiel du Professionnel de Santé Ressource en Pratiques PsychoCorporelles ».

Isabelle Celestin-Lhopiteau, Pascale Wanquet-Thibault

Coordinatrices du groupe de travail IFPPC « référentiel du Professionnel de Santé Ressource en Pratiques PsychoCorporelles ».

Coordinatrices du DIU des Pratiques PsychoCorporelles et de Santé Intégrative

 

Le but de ce groupe de travail est « l’élaboration d’un référentiel d’activités et/ou de compétences (posture, intentionnalité, etc.) du professionnel de santé ressource en pratiques psychocorporelles ».

Ce document servira de référence pour les professionnels de santé formés ou qui souhaitent se former aux PPCs, pour les responsables institutionnels, les responsables de formation, les responsables médicaux et paramédicaux qui souhaitent faire appel à un référent. Le groupe pourra également travailler sur la diffusion d’un listing actualisé de référents en pratiques psychocorporelles.   

Afin de réaliser ce travail, nous avons créé ce groupe qui est constitué par divers professionnels de santé (médecins, infirmiers, aides-soignants, psychologues, etc.) déjà impliqués dans la mise en œuvre des PPCs dans leurs établissements ou en libéral.

Ce groupe de travail a pour mission la rédaction des documents pré-cités. Ces documents seront relus par des professionnels également impliqués dans la mise en œuvre et la formation aux PPCs.

Pourquoi développer un référentiel ?

En 2017, les professionnels de santé comme le grand public sont de plus en plus sollicités par le développement rapide des pratiques psychocorporelles (PPCs), l’évolution de la compréhension de leurs mécanismes d’action, les controverses concernant leur efficacité liées ou non au manque de preuves considérées comme scientifiques. Si les PPCs sont de plus en plus fréquemment proposées aux patients, nous pouvons constater qu’il demeure encore de grandes disparités selon les lieux et les domaines de prises en charge, et nombre d’informations erronées concernant l’accès des soignants aux formations leur permettant de les utiliser.

Pourtant, grâce à l’avancée de la formation de professionnels de santé aux pratiques psychocorporelles, nous pouvons constater que les soignants formés, quelle que soit leur fonction, sont sollicités dans leur lieu d’exercice pour proposer, conseiller les soignants et apporter leur expertise aux patients dans des situations très diverses.

Notre expérience de création d’un diplôme inter-universitaire de Pratiques PsychoCorporelles et de Santé Intégrative, qui existe maintenant depuis six ans, nous montre la pertinence pour de multiples raisons d’identifier les activités et les compétences de ces professionnels qui peuvent être reconnus comme référents au sein de leur établissement, dans leur réseau professionnel. Ce DIU met en évidence des travaux de recherche de qualité, et en particulier le développement de l’intégration des pratiques psychocorporelles, le travail sur l’intentionnalité du soignant et sa posture. Cette évolution permet de mieux structurer ce domaine des soins encore souvent source de discussions, de réserve, en particulier de la part des responsables d’établissements et des ordres professionnels. 

Ces dernières années, dans le monde de la santé, et particulièrement en lien avec les démarches qualité, la nomination de référents s’est développée dans de nombreux domaines : l’hygiène, l’alimentation, la douleur, etc.

Dans ce contexte, des référentiels d’activités et de compétences ont été créés afin d’aider ces professionnels à identifier leur fonction et à exercer leur rôle de référent.

 

Qu’est-ce qu’un référent en pratiques psychocorporelles ?

Être référent, c’est être une personne ressource, capable d’apporter des informations et des compétences techniques concernant les pratiques psychocorporelles lors des soins et en thérapie. Le but de notre groupe de travail est de développer un référentiel dans ce domaine précis des pratiques psychocorporelles. Les premières bases de notre travail ont été de définir le rôle de ces référents en pratiques psychocorporelles, à savoir :

  • Favoriser l’intégration de ces pratiques dans les projets des institutions dans lesquelles ils exercent grâce à la diffusion d’informations correctes.

  • Permettre le respect des règles de bonne pratique et de la législation en vigueur concernant ces pratiques.  

  • Veiller à ce que ces pratiques s’intègrent aux projets de soins des malades, de façon rationnelle, et ne représentent pas des pratiques alternatives.

  • Permettre un positionnement des soignants au sein de leurs ordres professionnels pour une diffusion exacte concernant la médecine intégrative et l’intérêt de ces différentes pratiques, en travaillant en relation étroite avec son environnement et sa hiérarchie.

 

Ce groupe de travail qui se réunit à l’Institut Français des Pratiques PsychoCorporelles à Paris depuis le second semestre 2017 publiera ce référentiel au printemps 2018.