Médecine intégrative

Yoga aux urgences de l’hôpital d’Eaubonne ou encore hypnose et auriculothérapie au centre de traitement de la douleur du CHU de Bicêtre, développement de la médecine intégrative au Royal London Hospital, dans le service d’oncologie à Haïfa en Israël ou à la clinique Mind-Body de Boston (clinique des pratiques psychocorporelles rattachée à la faculté de médecine de Harvard), Techniques d’Optimisation du Potentiel (TOP) dans tous les corps de l’armée Française ou encore yoga en milieu carcéral avec l’expérience de PrisonSmart …

De plus en plus d’établissements ou d’institutions dans le monde proposent aux patients des pratiques psychocorporelles dans leurs parcours de soins, jusqu’à développer une médecine pleinement intégrative. Par ailleurs, les patients ont recours par eux-mêmes à ces pratiques et les associent de plus en plus facilement, en particulier lorsqu’un symptôme devient chronique.

Le développement des pratiques complémentaires et intégratives vient donc modifier le paysage thérapeutique mondial, changeant jusqu’à notre glossaire médical avec un usage de plus en plus fréquent de termes comme santé intégrative, médecine intégrative, médecines complémentaires, thérapies complémentaires, pratiques psycho-corporelles (PPCs), intégrativité …

 

Le terme de médecine complémentaire recouvre un large ensemble de pratiques de soins habituellement regroupées sous le terme anglais de Complementary Alternative Medicine (CAM) et définies par les National Institutes of  Health des Etats-Unis et la Cochrane Collaboration comme : « un large domaine de ressources de guérison qui englobe tous les systèmes, modalités, et pratiques de santé, de même que leurs théories ou croyances, autres que ceux qui sont intrinsèques au système de santé politiquement dominant d’une société ou culture particulière à une période historique donnée. »

Les traitements complémentaires sont souvent regroupés [1], comme le rappelle le rapport de l’APHP sur les médecines complémentaires :

  • Selon la nature du traitement (regroupement en 4 catégories)

    • Traitements biologiques naturels (plantes, compléments alimentaires …)

    • Traitements psychocorporels ((hypnose, yoga …)

    • Traitements physiques manuels (ostéopathie, chiropractie, massage ...) 

    • Autres pratiques et approches de la santé (Médecine traditionnelle …)

  • Selon le mode d’administration (regroupement en trois catégories [2])

    • Auto-administration (plantes, compléments alimentaires, méditation …)

    • Administration par un tiers praticien (acupuncture, massage, réflexologie,

    • ostéopathie…)

    • Auto-administration avec supervision périodique (yoga, biofeedback, tai-chi …).

Ces pratiques ne sont pas intégrées dans la tradition académique ou le système dominant du pays et pourtant largement utilisées par les patients notamment quand un symptôme se chronicise.

Elles sont donc identifiées comme celles utilisées en complément de la médecine conventionnelle (et donc bien à différencier des médecines alternatives qui sont utilisées à la place de la médecine conventionnelle).

 

La notion de médecine intégrative, quant à elle, renvoie à l’intégration dans le parcours de soins d’un patient de pratiques issues de la médecine conventionnelle et de celles issues de la médecine complémentaire, (qui font l’objet d’une évaluation scientifique sur leur sécurité et leur efficacité).

La médecine intégrative tient compte de la personne dans sa globalité (corps, esprit, spiritualité) et développe une approche personnalisée associant les pratiques des deux approches tout en prenant en compte l’importance de la relation thérapeutique. Dans cette démarche, les différents aspects du mode de vie du patient sont pris en compte et la place de la prévention y apparait comme essentielle. Le maitre mot est " interdisciplinarité ", ou comment une équipe peut apporter au patient tous les soins nécessaires, qu’ils proviennent de la médecine ou des pratiques complémentaires.

Cette rubrique rassemblera différentes expériences autour de la médecine intégrative.

 

Isabelle CELESTIN-LHOPITEAU

Directrice de l’IFPPC, Institut Français des Pratiques PsychoCorporelles (www.ifppc.eu)

Responsable du DIU des pratiques psychocorporelles et de santé intégrative, Universités Paris Sud et Réunion

Responsable du DU Hypnose et Anesthésie, Université Paris Sud

Psychologue-Psychothérapeute, Centre d’Evaluation et de Traitement de la Douleur, CHU Bicêtre

Présidente de l’Association Thérapies d’Ici et d’Ailleurs,

 

[1] National Center for Complementary and Alternative Medicine http://nccam.nih.gov

[2] Manheimer E, Berman B. Cochrane Complementary Medicine Field. About The Cochrane Collaboration (Fields) 2008, Issue 2.Art. No.:CE000052.

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